Toujours moins de boutons et menus pour les futurs navigateurs
Aviez-vous remarqué ces dernières années la tendance des navigateurs à épurer de plus en plus leur interface ? Tout à commencer en octobre 2007 avec le lancement d’Internet Explorer 7 qui le premier a eu l’idée de ne pas afficher la barre de menu et concentrer ainsi les fonctions essentielles dans des menus déroulants de la barre d’onglets :

Une astuces très appréciable pour gagner une ligne et donc afficher 20 à 25 pixels en plus. Le menu était toujours accessible en pressant une touche de fonction.
Puis il y a eu Google Chrome qui a poussé encore plus loin en supprimant complètement la barre de menu, remplacée par deux menus déroulants positionnés dans la barre d’adresse :

Ils ont également généralisé la page de démarrage avec les vignettes des derniers sites visités (il me semble que Opera est à l’origine de cette idée). La dernière version Mac de Chrome permet de modifier l’affichage de cette page :

Il y a également eu un gros effort de fait sur Firefox pour donner plus d’importance à la barre d’adresse et transférer ainsi quelques fonctions de recherche (A Little Something Awesome about Firefox 3) et même des expérimentations autour d’une barre d’onglets latérale (The Future of Firefox: No Tabs) :

La logique de ces travaux est simple : avec l’évolution du parc informatique, il y a maintenant plus de place en largeur qu’en hauteur (écrans au format 16/10). Vous noterez au passage les différentes possibilités de mise en page de cette mosaïque avec les boutons sur la partie supérieure droite de l’écran ainsi que les filtres de couleur.
Et puisque l’on parle de Firefox, la future version 3.7 pousse encore plus loin la logique d’épuration avec une interface proche de celle de Chrome et de son menu “Tools” dans la barre d’adresse : First Look: Firefox 3.7’s New Design.

Vous apprécierez au passage l’effet de relief des boutons ainsi que la relocalisation du menu “Pages“.
Autre expérimentation avec Opera 10 qui propose une barre d’onglets extensible permettant d’avoir des vignettes des pages :

Mais ce qui me semble le plus intéressant dans cette évolution c’est l’utilisation de principes d’interface floue pour présenter des fonctionnalités en contexte. Ce principe est ainsi utilisé sur IE 8 avec les Accelerators :

On le retrouve également dans le très ambitieux Ubiquity de Mozilla Labs qui permet de saisir des commandes complexes comme par exemple “Email this to [Fred]” ou “twit [message] to [Fred] and [Chris]” (15 Ubiquity Commands to Enhance Your Web Experience) :

Et pour finir signalons les commandes par mouvements de la souris (Mouse Gestures) disponibles sur Opera :

Où tout ceci nous mène-t-il ? Vers des navigateurs plus puissant mais à l’apparence plus simple. C’est donc le principe de la simplexité qui est ici mis en oeuvre (simplicité apparente de l’interface pour une complexité induite). L’objectif étant de proposer des interfaces à “géométrie variable” : très simples d’usage pour un débutant mais également très puissantes pour les utilisateurs avancés.
Il y a également une autre raison pour cette course à l’épuration des interfaces : moins de place occupée par les boutons et menus = plus de place pour les bannières. Oui je sais, c’est très certainement mon côté paranoïaque qui s’exprime ici mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un truc louche là-dessus, non ?


