Quels modèles d’interaction pour les touchbooks ?

Je pense ne rien vous apprendre en déclarant que 2010 sera l’année des touchbooks : Présentation de nombreux modèles au CES 2010, lancement de l’iPad, concepts très intéressants de Google Tablet, rumeurs sur un iPad XL… Autant dire que le marché est en ébullition et que les éditeurs placent de gros espoirs dans les touchbooks.

Consultation de sites web sur l'iPad d'Apple

Consultation de sites web sur l'iPad d'Apple

Oui mais voilà, le format touchbook apporte de grosses différences dans la façon de consommer et d’interagir avec des contenus : Absence de périphériques de saisie (clavier / souris), utilisation de nombreux capteurs (écran tactile, accéléromètre, GPS). De ce fait les touchbooks induisent des modalités d’interaction complètement différentes des navigateurs (lire à ce sujet les très interessantes Form Factors Explorations de l’équipe en charge de l’interface de Chrome OS).

Répartition des types d'éléments d'interface en fonction du terminal

Répartition des types d'éléments d'interface en fonction du terminal

Prenons comme exemple le cas d’usage le plus évident : La consultation de contenus (article, livre, BD, photos…). En l’absence de clavier, l’utilisateur peut parcourir le contenu de façon laterale ou horizontale en utilisant l’écran tactile (pression sur les bords de l’écran comme sur Panelfly, drag & drop) ou l’accéléromètre (en inclinant le terminal pour faire “glisser” le contenu).

Consultation d'une bande dessinée sur un iPhone

Consultation d'une bande dessinée sur un iPhone

C’est sur ce type de contenus que les touchbooks vont exceller : proposer une expérience de lecture à la fois naturelle (manipulation avec les doigts) et enrichie (utilisation d’animations, de sons, de vidéos…). Je vous conseille à ce sujet la lecture de cet article qui prédit un retour en force des contenus d’éditeurs (par opposition aux contenus générés par les utilisateurs) : The return of the LP and the future of book publishing.

Deuxième cas de figure : La recherche d’informations. Là aussi l’absence de clavier peut être palliée par l’usage d’un clavier virtuel (pour une saisie d’appoint), de nuages de tags ou de concepts pour un affinage empirique à la Quintura ou de listes de résultats sous forme de frise comme chez Cooliris.

Le clavier virtuel de l'hypothétique touchbook de Google

Le clavier virtuel de l'hypothétique touchbook de Google

Autres possibilités d’interaction : Personnaliser les résultats de recherche en exploitant les senseurs (filtrage géographique à partir des données GPS) ou le profil de l’utilisateur (filtrage par affinités en fonction de l’historique d’achat iTunes).

Troisième cas de figure : Les jeux. Les jeux de type arcade pourront être exploités à l’aide d’un joystick virtuel (déjà largement éprouvé sur l’iPhone) , les jeux de conduite se serviront de l’accéléromètre et les jeux de plateau (de type Tower Defense) bénéficieront du multitouch. C’est également dans ce cas de figure que les touchbooks offriront une expérience très enrichissante pour les joueurs, d’autant plus si vous couplez ça avec le GPS comme pour les MMTRG.

Exemple de jeu de voiture sur l'iPad

Exemple de jeu de voiture sur l'iPad

Dernier cas de figure : les applications sociales. Ici il ne serait pas tant question de rédiger un billet pour un blog mais plutôt de consulter des flux d’activité. Pour cela des interfaces “aériennes” comme celle de Seesmic Look se manipuleraient très bien en faisant défiler les entrés et en cliquant à droite et à gauche sur l’écran. L’absence de clavier n’est ici pas pénalisante quand il s’agit de parcourir un flux, envoyer un poke, noter un contenu ou faire un re-tweet.

L'interface aérienne de Seesmic Look

L'interface aérienne de Seesmic Look

Au final la consommation de contenus et services sur un touchbook est beaucoup plus éloignée de ce que nous pratiquons sur un ordinateur que vous ne le pensez. Je rejoins ainsi l’avis de Luke W sur la nécessité de définir une toute nouvelle expérience : iPad User Experience Guidelines.

Mais le pire dans tout ça, c’est que nous n’en sommes qu’au balbutiement de l’informatique tactile. Microsoft nous a ouvert les yeux sur les nombreuses possibilités des interface tactiles avec sa table Surface et l’on commence à voir des choses très intéressantes comme le bureau 3D de BumpTop.

Imaginez un peu ce que cela va donner avec les améliorations hardware suivantes :

  • Utilisation de la webcam pour capter les gestes, la position de l’utilisateur ou encore ses expressions faciales ;
  • Utilisation de gâchettes sur les tranches de la machine (comme sur les DS) ou de zones tactiles à l’arrière de l’appareil ;
  • Utilisation d’écran en relief

Tout ceci vous semble farfelu et lointain ? Vous seriez très surpris d’apprendre pourtant que ces technologies sont bien plus avancées que vous ne le pensez. Pour vous en convaincre, jetez donc un oeil à ça : Synaptics Debuts Fuse™ Next-Generation Mobile Phone Concept.

Alors ?

Les bureaux 3D se trouvent un champion avec BumpTop

Depuis l’apparition des premières interfaces graphiques il y a presque 30 ans (cf. Quelle interface pour le système d’exploitation de demain ?), force est de constater que le modèle d’interaction des interfaces de nos système d’exploitation n’a pas beaucoup changé : toujours un bureau en 2D avec des icônes et des dossiers, puis des zones “intelligentes” comme le Dock de Mac OS ou la Sidebar de Windows Vista.

Alors que les géants du secteur sont encore en phase d’expérimentation (cf. Bientôt un bureau en 3D chez Apple ?), il semblerait qu’une start-up canadienne soit en train de s’illustrer avec une interface 3D tout à fait convaincante : BumpTop.

L'interface 3D de BumpTop

L'interface 3D de BumpTop

Pour faire simple, BumpTop est une interface qui vient se greffer par dessus Windows et qui permet de manipuler les fichiers et fonctions de votre ordinateur de façon beaucoup plus… naturelle. La grande nouveauté vient du fait qu’ils proposent depuis peu le support des écrans tactiles et du multitouch : BumpTop Gets Multi-Touch Support on Windows 7.

En pratique il est donc possible de manipuler les différents éléments de l’interface (fichiers, dossiers…) avec vos doigts et des gestes intuitifs :

Les gestes de manipulation de l'interface de BumpTop 3D

Les gestes de manipulation de l'interface de BumpTop 3D

Pour vous rendre compte de la puissance de cette interface je vous propose cette petite démonstration vidéo :

Autant j’étais plus que sceptique quand à l’intérêt réel de la 3D dans l’interface d’un système d’exploitation, autant je me dis qu’une telle interface associée à un touchbook est une solution non seulement viable mais en plus tout à fiat innovante. Bref, les équipes de BumpTop ont réussi un authentique exploit en proposant des modalités d’interaction très intuitives et surtout adaptées à une partie du public des touchbooks (les séniors et autres utilisateurs réfractaires aux ordinateurs traditionnels).

(via Techcrunch)