Deux livres sur la qualité et le card sorting

Je vous propose ce matin de découvrir deux livres qui méritent votre attention.

Le premier traite du tri par carte et à été rédigé par Gautier Barrère et Éric Mazzone : Card Sorting : Ne perdez plus vos utilisateurs !.

Ce livre est LA bible pour tout ce qui touche au tri par cartes, il détaille les grands principes, la préparation et le déroulement des séances  l’analyse des résultats et leur interprétation pour aboutir à des solutions. Simple à lire et didactique, le livre vous accompagnera dans votre démarche de conception centrée sur les utilisateurs et apporte notamment des retours d’expérience très enrichissants.

Le second livre traite de qualité web et plus particulièrement du référentiel Opquast dont nous avons déjà parlé sur ce blog : Qualité Web : les bonnes pratiques pour améliorer vos sites.

Rédigé à plusieurs mains, ce livre passe en revue l’ensemble du référentiel de bonnes pratiques réparties en différentes catégories en fonction des éléments constitutifs d’un site (formulaires, contenus, contacts, hyperliens, identification, navigation, tableaux…), du type (commerce en ligne, sites publics…), ou du support (terminaux mobiles, newsletter, Open Data…). Le livre aborde également des sujets de fond comme les modèles de qualité web, dont le VPTCS (Visibilité, Perception, Technique, Contenu, Services), l’intégration des référentiels de qualité à vos cahiers des charges, les outils pour vous simplifier la tâche (extensions de navigateurs).

Une lecture également très enrichissante que je compléterais avec les réflexions suivantes (fournies par Élie Sloïm lors d’une discussion récente) :

Et comme à chaque fois, je salue le formidable travail effectué sur le référentiel Oquast. Rappelons à ce sujet que le référentiel est un projet collaboratif qui évolue régulièrement. Si vous êtes motivés, je lance donc un appel à contribution pour ouvrir deux nouvelles listes représentatives de ce qu’est l’internet en 2013 :

  • La mobilité, avec les meilleures pratiques pour les smartphones, tablettes et feature phones ;
  • Les médias sociaux avec les meilleures pratiques pour vos profils et publications ainsi que leur intégration sur votre site.

L’idée de cet appel à contribution est de faire grossir les rangs des contributeurs au référentiel et d’aider la communauté à progresser sur ces thématiques qui méritent une approche structurée. Mais j’aurais l’occasion de vous en reparler.

L’utilisabilité des sites a-t-elle progressé en 12 ans ? Non !

Loin de moi l’idée de jouer les vieux brisquards, mais je travaillais déjà sur l’utilisabilité des sites web au siècle dernier. À cette époque (lointaine), le web était encore considéré comme un média immature et instable. Il était donc normal que l’ergonomie moyenne des sites soit plutôt basse (par manque de connaissances, compétences, ressources…). Nous sommes maintenant en 2012, et je n’ai pas l’impression que la simplicité d’usage a globalement progressé sur la décennie passée. Nous ne sommes pas ici dans l’affirmation, mais dans le ressenti, voire l’impression que me donnent les sites que je consulte au quotidien (institutionnels, d’information, boutiques en ligne, portails…). Peut-être est-ce parce que mes exigences s’accroissent plus vite que le rythme d’amélioration des sites, toujours est-il qu’il y a encore BEAUCOUP de travail.

Ceci étant dit, le cabinet Forrester a publié ce mois-ci un rapport venant accréditer mon ressenti : Lessons Learned From 1,500 Website User Experience Reviews. Les conclusions du rapport sont accablantes : sur 1.500 sites testés, seuls 45 (3%) sont considérés comme satisfaisants d’un point de vue ergonomique. C’est peu… très peu, d’autant plus que l’évolution est très lente : s’il n’y a pratiquement plus de mauvais élèves, la grande majorité des sites se contentent d’un score faible / moyen (le rapport repose sur une méthode quantitative avec 25 critères de pondération).

Évolution de l'utilisabilité des sites web

Là où ce rapport est intéressant, c’est qu’il met en lumière le fait que l’on retrouve au fil des ans toujours les mêmes lacunes :

  • Des textes pas très lisibles ;
  • Une facilité de complétion des tâches perfectible ;
  • Des mentions de sécurité et confidentialité difficiles à trouver ;
  • Une mise en page qui n’exploite pas bien l’espace disponible ;
  • Des contenus pas évidents à trouver.

Bref, malgré plus d’une décennie de pratique, les fondamentaux ne sont toujours pas maitrisés : lisibilité, repérage, orientation, simplicité de prise en main… Quel dommage, pourtant en dix ans chaque site a forcément dû connaitre au moins deux refontes. Comment se fait-il que le niveau moyen ne progresse pas ? Je serais incapable de vous l’expliquer. Pourtant il suffit de réserver un billet de train, acheter un objet, chercher de l’information ou compléter une tâche en ligne pour s’en rendre compte. N’est-il pas aberrant de constater que même sur des choses extrêmement simples (page de texte, formulaire, tableau…), la plupart des sites en 2012 sont encore incapables de proposer une expérience satisfaisante ?

Pourtant il existe des outils simples pour assurer les fondamentaux : les checklists et référentiels. Il existe ainsi quantité de checklists pour vous aider à adopter les bons réflexes, des listes très simples (Website Usability Checklist and Usability Guide) ou des choses plus sophistiquées (25 Incredibly Useful Usability Cheat Sheets & Checklists).

Mais je pense qu’en matière de référentiel, le projet Opquast est, selon moi, ce qui se fait de mieux, et en plus il est en français : Liste des bonnes pratiques.

Le référentiel de bonnes pratiques Opquast

De plus, je vous signale qu’il existe au format Memento. Vous n’avez donc plus aucune excuse !

Rentrée littéraire 2010

Bon OK la rentrée est passée de deux mois mais je pense qu’il est tout de même important de vous signaler la parution récente de deux très bons ouvrages traitant de l’ergonomie en français (ce qui est rare).

Il y a tout d’abord le nouveau livre d’Amélie Boucher : Ergonomie web illustrée. Un ouvrage tout à fait intéressant, car construit sous la forme d’une analyse détaillée de 60 sites. Les règles et conseils relatifs à l’ergonomie web sont ainsi distillés en contexte tout au long des cas étudiés. Les sites sont variés et les enseignements très complets. Ça jargonne à mort ( “Affordances, Attention sélective, Design semi-élastique, Engagement immédiat, Loi de Fitts, Micro-utilités, Momentum behaviour…“) mais il y a un lexique à la fin. À noter que le livre est préfacé par Benoit Drouillat et qu’il existe un site compagnon pour avoir plus de détails sur le livre : ergonomie-web-illustree.com.

Autre ouvrage de référence, la troisième édition du mémento des bonnes pratiques web d’Elie sloïm. Ce mémento est en fait un dépliant de 18 pages expliquant et détaillant les 217 bonnes pratiques du référentiel Opquast (Open Quality Standards). Ces bonnes pratiques sont ainsi réparties dans 5 catégories correspondants au modèle VPTCS qui classe les exigences des utilisateurs de services en ligne (Visibilité, Perception, Technique, Contenu, E-services). Ce mémento se présente donc sous la forme d’une gigantesque check-list très pratique pour vous accompagner dans vos travaux de conception quotidiens.

Bonne lecture !