Les interfaces gestuelles gagnent en maturité

Les interfaces tactiles sont-elles déjà dépassées ? C’est la question que pose le Smashing Magazine dans un récent article illustré d’interfaces d’applications mobiles qui prônent la suppression des éléments d’interface traditionnels (boutons, menus…) : Beyond The Button, Embracing The Gesture-Driven Interface. Si l’on peut difficilement anticiper la disparition des interfaces tactiles (qui font encore largement référence), les choses sont en train de bouger pour la prochaine génération d’interface, les interfaces gestuelles, qui font de plus en plus parler d’elles.

Pour votre information, les interfaces gestuelles ne datent pas de la Wii, puisque les premières expérimentations remontent aux années 60 : A Brief History of Gestural Interfaces. Popularisées par les films de science-fiction (What Sci-Fi Tells Interaction Designers About Gestural Interfaces), elles sont rapidement sorties du cadre ludique (Les interfaces gestuelles sortent des jeux).

Les premiers pas des interfaces gestuelles
Les premiers pas des interfaces gestuelles

Le boîtier Kinect lancé par Microsoft pour sa console Xbox a ainsi beaucoup contribué à la vulgarisation des interfaces gestuelles, et entraîné dans son sillage de nombreux projets et domaines d’application grand public qui partent dans tous les sens : Gesture-based interfaces are out of control. On retrouve ainsi des télécommandes ou des smartphones qui utilisent les mouvements pour effectuer des tâches simples : Orange taps Movea to create a gesture-based set-top box et Galaxy S4 Features: Air Gesture.

L'interface gestuelle du Galaxy S4
L’interface gestuelle du Galaxy S4

Sur la base du succès de sa première version, les équipes de Microsoft sont en train de finaliser une seconde version de Kinect, beaucoup plus sophistiquée, pour la nouvelle console Xbox One : The all-seeing Kinect: tracking my face, arms, body, and heart on the Xbox One.

Je pense ne pas me tromper en disant que SixthSense est le premier projet « sérieux » à attirer l’attention des industriels. Trop visionnaire, son créateur s’est laissé doubler par des entrepreneurs plus pragmatiques comme Leap Motion, avec un petit boîtier à connecter en USB à votre ordinateur. Il existe déjà de nombreuses expérimentations (Leap Motion + Google Earth), mais c’est le couplage avec Windows 8 qui m’a le plus séduit : Leap Motion shows off Windows 8 touch free computing.

Leap Motion n’est pas le seul acteur sur ce créneau, car il y a également le très impressionnant MYO qui a choisi de communiquer sur des usages plus diversifiés : The MYO gesture-control armband senses your muscle’s movements.

Tout ceci peut vous sembler un peu gadget, mais je vous rappelle que l’on parlait déjà des interfaces gestuelles couplées à de la bureautique il y a quelques années (Les bureaux 3D se trouvent un champion avec BumpTop) et que ce concept a séduit Google qui a racheté Bumptop en 2010. Qui sait si les prochains Chromebook n’intégreront pas un capteur pour recréer ce type d’interactions…

Toujours est-il que les interfaces gestuelles gagnent en maturité et que nous commençons à voir des concepts tout à fait crédibles et même extrêmement alléchants à l’image du Arc Menu présenté par le Studio Omec UX : Designing a Practical UI for a Gesture-Based Interface.

Mais outre les applications ludiques ou bureautiques, ce sont les applications couplées à la réalité augmentée qui génèrent le plus d’attentes. Sur ce créneau, les Google Glass occupent un incroyable terrain médiatique et de premiers travaux artistiques commencent à voir le jour : Various UI concepts for Google’s wearable computer. La ferveur autour de ces lunettes connectées est telle, que Google a d’ores et déjà publié ses recommandations d’interface : Google Glass UI Guidelines.

Exemple d'interface avec Google Glass
Exemple d’interface avec Google Glass

Tout ceci est très intéressant, et vous seriez extrêmement surpris de constater à quel point les premiers produits grand public sont quasi-finalisés. Il faut dire que l’intensité concurrentielle est très forte et que les premières interfaces neuronales directes commencent à voir le jour (Brain–computer interface), à l’image du Muse commercialisé par Interaxon et de ses nombreux concurrents (Comparison of consumer brain–computer interfaces).

Si le sujet vous intéresse, je ne saurais que trop vous recommander le très bon blog Neuro Gadget.

Comme vous pouvez le constater, l’innovation est en marche et les interfaces gestuelles vont très rapidement devenir une réalité de marché, avec un premier plateau de maturité en 2014. D’où la nécessité de définir des standards ou à minima de faciliter la prolifération de conventions pour ne pas perdre les utilisateurs en route et décourager les premiers acheteurs potentiels.

Si vous avez des études ou des retours d’expérience sur ce sujet, je suis preneur…

3 commentaires pour “Les interfaces gestuelles gagnent en maturité”

  1. Posté par Maxime a dit : le

    Merci pour cette article car on est toujours a la re cherche de
    nouvelles pistes…. A voir sur notre site les vidéos des commandes
    gestuelles via kinect que nous avons imaginé pour piloter une
    arborescence sous forme de carrousel, on intègre ainsi la possibilité
    de naviguer en profondeur dans un catalogue administrables via un backoffice

  2. Posté par iStuffs a dit : le

    Une autre piste nommée WiSee est basée sur les variations que nos gestes impliquent dans les champs magnétiques des signaux wifi.
    L’intérêt est que le matériel est déjà chez tous les consommateurs.

    Voici le lien pour plus d’info.
    http://wisee.cs.washington.edu

  3. Posté par Doit-on réinventer la bureautique pour les terminaux mobiles ? « SimpleWeb.fr SimpleWeb.fr a dit : le

    […] ressembler les outils de création / collaboration du futur exploitant des interfaces tactiles ou gestuelles ! Vivement les prochains laptops équipés d’écrans tactiles et de capteurs de type […]