Une police de caractères dédiée aux dyslexiques

Saviez-vous qu’en moyenne la dyslexie touche 10% de la population ? Si ce handicap ne touche que 5% de la population en France (7% pour les enfants scolarisés), il est responsable de  problèmes d’assimilation des textes et de retard dans l’apprentissage. Sans trop rentrer dans les détails, les personnes atteintes de dyslexie ont tendance à inverser les lettres (comme illustré plus bas) et donc à changer la signification des mots.

Dyslexie
Les dyslexiques inversent les lettres de l’alphabet car elles se ressemblent

Souffrant moi-même de légère dyslexie depuis mon enfance (je ne crois pas que ça se soigne d’ailleurs), je suis particulièrement sensible à ce sujet. Non pas que je souffre d’un gros handicap, mais j’ai tout de même conscience de faire beaucoup de fautes d’orthographe dans mes écrits, maintenant vous en connaissez la cause.

Pour pallier à ce problème d’inversion, un graphiste néerlandais souffrant de dyslexie, Christian Boer, a conçu une police de caractères permettant de mieux identifier les lettresUne police d’écriture pour les dyslexiques. L’essentiel de son travail concerne les barres et les queues des lettres. Par exemple, la barre du “h” a été allongée pour ne pas le confondre avec un “n”. De même, l’ouverture du “c” a été agrandie pour le différencier du “e”.

Le principe est donc d’augmenter l’épaisseur des lettres à leur base pour leur donner plus de “poids” et éviter que le cerveau ne les retourne. Cette police de caractères a été testée à l’université de Twente aux Pays-Bas auprès d’une vingtaine d’étudiants pendant un an et demi. Le bénéfice constaté de cette police a suffi à convaincre l’auteur de commercialiser sa police. Elle est disponible en France au travers de la société Auxilidys.

Fort de ce succès, d’autres personnes ont décidé de créer leur propre police sur le même principe, notamment Abelardo Gonzalez : Open Dyslexic : une police de caractères pour aider les dyslexiques. Le principe de sa police est le même que précédemment, sauf que celle-ci est distribuée en licence Creative Commons BY, donc librement utilisable et distribuable à condition de citer l’auteur (la même licence que j’utilise pour mes articles).

Le résultat est assez étrange, mais souvenez-vous que cette police a avant tout des vertus thérapeutiques plutôt qu’esthétiques, vous pouvez la tester sur DyslexicFonts.com, avec en prime une astuce avec la souris pour vous aider à ne pas vous tromper dans la ligne que vous lisez.

Open Dyslexic
La police Open Dyslexic en détail

Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est une très bonne chose, mais d’un intérêt limité, car personne ne lit à l’écran. Certes, mais si nous scannons les pages web, il nous arrive néanmoins de prendre le temps de lire un article en entier. Et c’est là où cette police peut se révéler très utile, notamment en étant couplée à des services de “nettoyage” des pages web comme Instapaper, Pocket ou Clearly. L’idée n’est donc pas d’imposer cette police sur toutes les pages web, mais uniquement dans un contexte de lecture intensive, sur votre ordinateur, smartphone ou tablette.

OpenDyslexic Kobo

Encore plus intéressant, cette police peut également être utilisée sur les liseuses numériques. La Kobo est ainsi livrée avec une police nommée “Open Dyslexia”, mais je ne serais pas vous dire s’il s’agit de la même. Saluons donc le travail de ces personnes qui ont trouvé une solution pragmatique pour diminuer les effets de la dyslexie.

Des mises en page adaptives aux systèmes de navigation adaptatifs

En ce moment la communauté des concepteurs est en ébullition à propos des interfaces mobiles. Nous pensions avoir trouvé une solution à la multiplication des formats d’écran (ordinateur + smartphone + tablette) avec les mises en page en responsive design, mais c’était sans compter l’imagination des constructeurs. Pour éviter la concurrence directe avec l’iPhone et l’iPad, les constructeurs ont commencé à sortir des formats intermédiaires (phablets de 5 pouces, mini-tablettes de 7 pouces…). En conséquence de quoi les concepteurs doivent maintenant jongler avec un éventail très large d’écrans et de terminaux.

Panorama des tailles d’écran de terminaux alternatifs

Si la question de la mise en page est à peu près réglée avec les techniques de responsive design, cette multiplication des formats est problématique pour les systèmes de navigation (lire à ce sujet : Les tablettes méritent des interfaces dédiées). La façon dont l’utilisateur tient son terminal a un impact sur la facilité d’accéder aux menus de navigation qui ne doivent pas nécessairement se trouver en haut de page, comme c’est de rigueur avec une page web affichée sur un ordinateur. Les smartphones tout comme les tablettes sont ainsi généralement tenus par le bas, les pouces étant alors les seuls doigts disponibles pour manipuler l’interface.

Modalités de navigation en fonction du type de terminal

Partant de ce constat, Luke Wroblewsky et Jason Weaver se sont penchés sur le problème et proposent une solution tout à fait convaincante : Responsive Navigation: Optimizing for Touch Across Devices. Leur idée est de proposer un système de navigation adaptatif qui se positionne en bas de l’écran pour les smartphones et qui est même divisé en deux pour les tablettes.

Je vous invite à constater le résultat sur ces pages : Off Canvas with Navigation Fixed Bottom et Off Canvas with Split Navigation Fixed Bottom.

Exemple de système de navigation adaptatif sur une tablette

Le résultat est très convaincant et apporte un plus indéniable en confort d’usage, l’auteur donne un peu plus de détails ici : Exploring Touch Navigation.

Signalons que ce n’est pas la première fois que ces deux personnes collaborent, car elles avaient déjà proposé une solution de mise en page adaptative : Off Canvas Multi-Device Layouts et A Multi-Device Web Layout Pattern. Cette technique permet ainsi d’afficher une mise en page et un menu de navigation différents en fonction du terminal :

Exemple de mise en page adaptative

Vous pourriez me dire que tout ceci est un peu complexe à maintenir, mais je vos répondrait qu’avec des techniques avancées comme RESS vous pouvez vous simplifier la vie : Améliorez la performance de vos interfaces mobiles avec RESS.

Je pense ne pas me tromper en disant que plus nous avançons dans le temps et plus la situation se complique avec la multiplication des formats de terminaux. Heureusement les techniques de développement gagnent en sophistication tous les ans et permettent de contourner ces difficultés. Reste encore à gérer LE gros point faible des ces astuces : les systèmes de gestion de contenu dont les gabarits de page ne facilitent pas la travail d’intégration.