Les constructeurs automobiles français ont encore des progrès à faire

Le domaine de l’automobile est une authentique mine d’or en matière de web design. Et pour cause : des budgets colossaux, des cycles de vente très longs et une pression concurrentielle terrifiante. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour stimuler la créativité et la performance des sites. Si vous me lisez depuis plusieurs années, vous avez déjà dû lire d’autres articles parlant des sites des constructeurs automobiles.

Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas très fier de la production nationale. Ayant travaillé pour les trois grands constructeurs français, je me sens parfaitement libre de critiquer leurs sites. Et force est de constater qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire. Certes, l’automobile est le fleuron de l’industrie française. Certes, les constructeurs français brillent dans les plus grandes compétitions (F1, rally…), mais est-ce une raison pour maltraiter les internautes ?

Je ne me lancerais pas dans une analyse détaillée de l’ensemble des trois sites des constructeurs, car vous êtes assez grands pour vous faire une idée par vous-même. Par contre, je souhaiterais attirer votre attention sur un point en particulier : le référencement. Je ne connais pas grand-chose en ce domaine, mais je constate néanmoins que même si les premières places sont effectivement occupées par les sites et pages officiels, ça reste tout de même très brouillon.

Commençons avec Citroën où une requête sur un modèle nous remonte trois résultats :

La page de résultats pour Citroën DS3

Trois pages avec trois URL différentes. Le site officiel est en première position, mais j’imagine que les internautes sont beaucoup plus intéressés par les tarifs de ce modèle, un lien en troisième position qui mène… aux promotions ! Vous noterez également le texte incompréhensible et en majuscule qui remonte sous le deuxième lien.

Ça n’est pas forcément mieux chez Renault où une recherche sur la Clio nous remonte quatre résultats :

La page de résultats de recherche pour Renault Clio

J’imagine que les équipes web de Renault ont toutes les excuses du monde pour justifier ce cafouillage (les quatre liens mènent à quatre pages différentes correspondant à quatre versions du modèle). Il n’empêche qu’à vouloir saturer la première page de résultats de liens officiels, il n’y a plus de place pour les photos.

Pourtant les bons exemples ne manquent pas. Une recherche la Volvo C60 ne remonte qu’un seul résultat :

La page de résultat pour Vovlo c60

Vous apprécierez le fait que les référenceurs de Volvo ont avant tout privilégié la clarté : Une seule page en tête de liste avec un descriptif court, mais précis, et des liens d’accès direct parfaitement compréhensibles (“5 choses à savoir“, “Offres du moment“, “Liste des prix“…). Du coup, il reste de la place pour les images, pour présenter un modèle alternatif, ainsi que la page institutionnelle du constructeur. Simple et efficace.

Moralité : l’utilisabilité n’est pas qu’une question de taille de boutons ou de contraste. L’expérience des utilisateurs commence en amont de votre site, dès la page de résultats de Google.

Et puisque l’on parle des constructeurs automobiles français, j’aimerais pointer du doigt (une fois n’est pas coutume), des choix de conception sur le site de Renault qui me font hurler. À commencer par la page d’orientation qui s’affiche en amont de la page d’accueil (ils appellent ça la “Jump page“) :

La jump page de Renault.fr

Très honnêtement je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt de cette page. Pourquoi accueillir les visiteurs avec un slogan en anglais alors que c’est une marque française et que l’on a saisi une URL qui se termine par un .fr ? Pourquoi couper le véhicule en deux ? Pourquoi mettre les liens à deux endroits opposés dans la page (à gauche et en haut à droite) ?

Vient ensuite la page d’accueil qui me laisse perplexe :

La page d’accueil de Renault.fr

Là encore, je ne vois pas l’intérêt de faire du teasing pour un modèle sans préciser lequel (“Découvrez-la“… la quoi ?), d’autant plus que le carrousel est bloqué à la première étape. Je ne comprends pas non plus pourquoi il y a un retour à la ligne du slogan alors qu’il y a un immense espace vide à droite (“Changeons de vise, changeons l’automobile“). Enfin je ne vois pas l’intérêt de tasser la page sur une petite surface, au risque de nuire à la lisibilité et d’augmenter de façon très dangereuse la densité de liens. Vous pourriez éventuellement vous dire que c’est une page optimisée pour les tablettes… mais en fait, non.

C’est peut-être sur la page du modèle en lui-même que l’on retrouve les choix les plus intéressants :

La page d’un modèle sur Renault.fr

J’apprécie particulièrement le fait qu’ils ont masqué la navigation principale (cela faisait partie de mes recommandations quand j’avais travaillé pour Renault en 2007) et qu’ils ont laissé un maximum d’espace vierge pour concentrer l’attention sur le modèle.

Ceci étant dit, il n’y a quand même pas grand-chose sur cette page qui ressemble plus au portfolio d’un designeur qu’à un constructeur automobile luttant pour sa survie. De ce point de vue là, les sites US sont beaucoup plus… entreprenants, à l’image de celui de Ford :

La page de la Fusion sur le site de Ford

Certes, l’information y est plus dense et les liens de navigation interne ne sont pas très visibles (coincés entre la barre de navigation principale et le titre), mais il y a beaucoup plus d’éléments incitatifs sur cette page. En clair : elle donne envie de cliquer.

Je referme cette parenthèse, car je n’ai pas le courage de me lancer dans une analyse complète, mais souvenez-vous de l’importance de la page de résultats de Google et de la première impression que vous donnez à vos prospects ou clients.

Applications météo mobiles, comment joindre l’utile à l’agréable

Vous ne vous en êtes sans doute pas rendu compte, mais une terrible bataille se livre en ce moment dans votre poche. Je fais référence à l’implacable compétition entre les éditeurs d’applications météo pour smartphone. Ça n’a l’air de rien, après tout il existe une application qui le fait gratuitement et qui est pré-installée, mais les gros et petits éditeurs rivalisent d’ingéniosité pour faire ressortir leur application du lot. Je vous propose donc une petite sélection, très instructive,  des tendances en la matière.

Commençons tout d’abord avec les acteurs légitimes du secteur comme Météo France ou The Weather Channel qui tentent de faire des efforts, mais ont bien du mal à proposer quelque chose de convaincant :

Les applications météo mobiles des acteurs légitimes

Comme vous pouvez le constater, ces applications ne sont pas très belles, mais elles essayent de compenser cette faiblesse par des données plus complètes. Le problème est que ces données sont moins complètes que d’autres applications “pro” ou “semi-pro” comme My-Cast ou Weather Underground :

Exemples d’applications météo semi-pro

Là encore, ces applications sont très riches en données météorologiques, mais ne sont pas très agréables à regarder et utiliser. Pourtant, il existe des références en la matière comme la très belle application de l’institut météorologique finlandais (The Finnish Meteorological Institute’s Weather) :

Très belle application mobile de l’Institut de météorologie de Finlande

Dans un style encore plus minimaliste, mais haut en couleur, la marque de fringues japonaise Uniqlo propose une application surprenante qui vous réveille avec une musique adaptée au temps :

L’application mobile de Uniqlo

Pour chercher des choses plus intéressantes, il faut définitivement aller du côté des éditeurs indépendants. Et puisque nous sommes dans le registre du minimalisme, admirez le travail de l’application WTHR qui propose une interface d’une simplicité et d’une élégance remarquable :

L’interface de l’application WTHR pour iPhone

Il y a également des applications remarquables qui jouent sur les animations et les effets de transition comme le superbe eWeather HD avec ces incroyables interfaces de prévisions (forecast en anglais) :

La palme revient très certainement à Weatherwise qui propose une sublime application avec de magnifiques visuels animés en fonction des conditions (soleil, pluie…), de l’heure (jour, nuit) ou du vent (les éléments suspendus se balancent) :

L’application mobile Weatherwise

Au final, que faut-il retenir de ces différentes applications ? Que ceux qui disposent des données les plus complètes / précises ne sont pas forcément capables de proposer des applications utiles et agréables. Par contre, je constate que les applications proposant la meilleure expérience sont proposées par des éditeurs de jeux mobiles. Comme quoi, les dimensions ludiques et artistiques ne peuvent être maitrisées que par ceux qui les pratiquent de longue date.

À méditer…