Loin de moi l’idée de jouer les vieux brisquards, mais je travaillais déjà sur l’utilisabilité des sites web au siècle dernier. À cette époque (lointaine), le web était encore considéré comme un média immature et instable. Il était donc normal que l’ergonomie moyenne des sites soit plutôt basse (par manque de connaissances, compétences, ressources…). Nous sommes maintenant en 2012, et je n’ai pas l’impression que la simplicité d’usage a globalement progressé sur la décennie passée. Nous ne sommes pas ici dans l’affirmation, mais dans le ressenti, voire l’impression que me donnent les sites que je consulte au quotidien (institutionnels, d’information, boutiques en ligne, portails…). Peut-être est-ce parce que mes exigences s’accroissent plus vite que le rythme d’amélioration des sites, toujours est-il qu’il y a encore BEAUCOUP de travail.
Ceci étant dit, le cabinet Forrester a publié ce mois-ci un rapport venant accréditer mon ressenti : Lessons Learned From 1,500 Website User Experience Reviews. Les conclusions du rapport sont accablantes : sur 1.500 sites testés, seuls 45 (3%) sont considérés comme satisfaisants d’un point de vue ergonomique. C’est peu… très peu, d’autant plus que l’évolution est très lente : s’il n’y a pratiquement plus de mauvais élèves, la grande majorité des sites se contentent d’un score faible / moyen (le rapport repose sur une méthode quantitative avec 25 critères de pondération).

Là où ce rapport est intéressant, c’est qu’il met en lumière le fait que l’on retrouve au fil des ans toujours les mêmes lacunes :
- Des textes pas très lisibles ;
- Une facilité de complétion des tâches perfectible ;
- Des mentions de sécurité et confidentialité difficiles à trouver ;
- Une mise en page qui n’exploite pas bien l’espace disponible ;
- Des contenus pas évidents à trouver.
Bref, malgré plus d’une décennie de pratique, les fondamentaux ne sont toujours pas maitrisés : lisibilité, repérage, orientation, simplicité de prise en main… Quel dommage, pourtant en dix ans chaque site a forcément dû connaitre au moins deux refontes. Comment se fait-il que le niveau moyen ne progresse pas ? Je serais incapable de vous l’expliquer. Pourtant il suffit de réserver un billet de train, acheter un objet, chercher de l’information ou compléter une tâche en ligne pour s’en rendre compte. N’est-il pas aberrant de constater que même sur des choses extrêmement simples (page de texte, formulaire, tableau…), la plupart des sites en 2012 sont encore incapables de proposer une expérience satisfaisante ?
Pourtant il existe des outils simples pour assurer les fondamentaux : les checklists et référentiels. Il existe ainsi quantité de checklists pour vous aider à adopter les bons réflexes, des listes très simples (Website Usability Checklist and Usability Guide) ou des choses plus sophistiquées (25 Incredibly Useful Usability Cheat Sheets & Checklists).
Mais je pense qu’en matière de référentiel, le projet Opquast est, selon moi, ce qui se fait de mieux, et en plus il est en français : Liste des bonnes pratiques.

De plus, je vous signale qu’il existe au format Memento. Vous n’avez donc plus aucune excuse !

