Quand les interfaces textuelles inspirent les nouvelles interfaces graphiques

Vous connaissez les interfaces textuelles ? Mais si enfin, les interfaces à ligne de commande (“Command Line Interface” en anglais). Les premiers IHM ne proposaient ainsi pas d’interfaces graphiques; il fallait donc exploiter des lignes de commande :

find / -size +1000k -mtime -7 | sort | tee trace | less

Autant dire que la manipulation était complexe et l’apprentissage très long. Le pire, c’est que ces interfaces étaient également très laides :

Depuis l’outil informatique a beaucoup évolué (Windows turns 25 years old, let’s take a look back in time). Il n’empêche que si l’utilisation d’un ordinateur avec une souris est plus simple à comprendre, nous avons tout de même perdu en rapidité d’exécution. C’est à ça que servent les raccourcis clavier : à gagner du temps sur l’exécution de tâches répétitives. Voilà pourquoi des services en ligne à usage intensif comme Google Reader ou Twitter proposent les leurs : Google Reader Keyboard Shortcuts et New Twitter’s Keyboard Shortcuts.

Pour les nostalgiques il existe même des meta-moteurs de recherche proposant une interface textuelle comme Goosh ou YubNub :

L'interface à ligne de commande de YubNub

Je rebondis tout naturellement sur un article publié par UX Magazine (Command Lines: Alive & Kicking) pour faire le point sur les dernières innovations en matière d’interface. Mélangez ainsi une interface graphique avec des raccourcis clavier et vous obtenez les lanceurs d’applications (l’auteur de l’article parle de Graphic Command Line). Ces utilitaires sont devenus en quelque temps les nouvelles coqueluches des geeks et autres power users (Launchy pour Windows, Quicksilver ou Alfred pour Mac).

Exemple de lanceur d'applications

Le principe de ces outils est de vous faire gagner du temps en vous permettant d’effectuer tout un tas d’opérations élémentaires à l’aide de raccourcis clavier (ouvrir une application, trouver un fichier, faire une recherche sur le web, effectuer des opérations mathématiques simples…). Ces outils se positionnent donc en complément des fonctions natives du système d’exploitation (menu démarrer, calculatrice…) mais sont accessibles depuis votre clavier sans avoir à lever les mains de votre clavier et attraper votre souris (il faut faire une combinaison de type Ctrl + Alt pour invoquer le lanceur).

Dans le même esprit, Mozilla propose un système similaire baptisé Ubiquity : un plug-in pour Firefox permettant d’exécuter des opérations à partir de commandes textuelles en langage naturel.

Tout ceci vous semble peut-être un peu trop expérimental, mais quand j’observe le rythme d’innovation sur des navigateurs modernes comme Firefox ou Chrome (et le barre de recherche universelle), je me dis que nous ne sommes pas loin de l’intégration en natif de ce type d’interfaces (en supplément des menus et icônes).

Au-delà des navigateurs, il me semble primordial d’envisager cette solution pour les applications en ligne à usage intensif, et je fais plus précisément référence aux applications internes. L’idée serait donc de proposer :

  • Une interface graphique avec des boutons, icônes et liens ;
  • Des raccourcis clavier pour les fonctions simples ;
  • Une interface à ligne de commande pour les fonctions plus élaborées.

Ces trois types de modalités d’interaction seraient bien évidemment complémentaires et permettraient de satisfaire à la fois les utilisateurs occasionnels et les utilisateurs avancés qui passent leur journée dessus. Idéalement il faudrait même prévoir deux interfaces graphiques :

  • Une interface privilégiant la pédagogie et le guidage (avec de l’aide en ligne et des intitulés explicites) au détriment de la densité d’information ;
  • Une interface privilégiant la productivité (en mode plein écran et avec des abréviations) mais nécessitant un temps d’apprentissage.

Tout ceci est théorique, mais je suis certain que dans de grosses institutions (banques, compagnies d’assurance…) de telles réflexions seraient bénéfiques.

3 commentaires pour “Quand les interfaces textuelles inspirent les nouvelles interfaces graphiques”

  1. Posté par Valéry a dit : le

    Billet très pertinent. Tout en étant réticent à l’apprentissage de lignes de commandes Linux elles s’avèrent incomparablement plus rapides que des interfaces graphiques pour certaines opérations.

    Sous Windows et au quotidien j’utilise Enso de humanized.com qui utilise la touche Cap Locks pour activer une saisie de commandes du type “Open Filezilla” par exemple pour lancer une application. Plus rapide que de chercher l’application dans un menu ou même que de mener son curseur vers un raccourci. Autant dire que s’en passer quand on y est habitué s’en passer devient source de frustration.

  2. Posté par Des gestes Multitouch pour aller plus vite | Karizmatic a dit : le

    [...] besoin de productivité pour les applications métier est en train de revenir sur le devant de la scène, StForm a donc décidé de proposer des gestes pour remplacer les raccourcis [...]

  3. Posté par hervelegerelite a dit : le

    J’ai très bien le français, n’a pas la compréhension en profondeur de ce que vous entendez, pourrait quitter la boîte aux lettres d’information ou contact, expliquez-moi la prochaine.

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