Qwiki inaugure l’avenir de la recherche sur terminaux alternatifs

Connaissez-vous Qwiki ? Il s’agit d’un moteur de recherche de nouvelle génération. Non pas qu’il soit plus “intelligent” que les nouveaux entrants (Le marché de la recherche relancé avec Bing et Wolfram ?) mais qu’il propose une expérience unique de restitution des résultats : Qwiki wants to be the multimedia search engine of the future. À l’origine de ce projet, il y a le fondateur d’AltaVista (le français Louis Monier, Cocorico !).

La page d'accueil de Qwiki

Qwiki se différencie des autres moteurs sur deux points :

  • Il n’y a pas de page de résultats de recherche (grâce à un système de recherche assistée)
  • Les résultats sont consultés directement dans l’interface sous forme d’un diaporama animé qui résume différentes sources et dicte le texte grâce à une synthèse vocale
La page de résultat de Qwiki

Autant le dire tout de suite : l’expérience est bluffante, car le résumé est de très bonne qualité (malheureusement en anglais) et car la synthèse vocale est très agréable (diction fluide). Ici une petite vidéo de démonstration :

Avec ce mode d’interaction nous pouvons tout à fait affirmer que c’est un nouveau paradigme de la recherche d’information en ligne, Qwiki s’apparente ainsi plus à une meta-encyclopédie à la volée qu’à un moteur de recherche classique. Est-ce la fin de Google ou de Wikipedia ? Non absolument pas car l’information remontée est beaucoup plus pauvre… mais bien plus facile à consommer.

C’est donc là que réside le secret de Qwiki : offrir une expérience plus proche du divertissement que de la recherche documentaire. Donc non, Qwiki n’est absolument pas un concurrent de Google sur votre ordinateur, mais trouvera tout à fait sa place et son utilité sur des terminaux alternatifs comme les touchbooks ou les TV connectés. Nous sommes donc dans une optique assez proche de celle proposée par Youtube Leanback.

Ce moteur de recherche préfigure à mon avis une nouvelle vague de services en ligne (nouveautés ou adaptation de services existants) proposant une expérience d’utilisation radicalement différente et parfaitement adaptée aux nouveaux terminaux (Faut-il réinventer le web pour les touchbooks ?).

Le gameplay comme élément clé de l’expérience utilisateur

Voilà un petit bout de temps que trotte dans ma tête une idée folle : et si le jeu était un des ingrédients essentiels pour une expérience utilisateur réussie ? Ou plutôt : Et si la prise en compte du gameplay dans la conception d’une interface permettait d’améliorer l’expérience utilisateur ? Cette théorie est ainsi bien expliquée dans cette intervention : Nicole Lazzaro’s “The Future of UX is Play: The 4 Keys to Fun, Emotion and User Engagement”.

Il existe un certain nombre de définitions autour de la notion de gameplay mais pour simplifier nous pouvons dire qu’il s’agit à la fois de la jouabilité et du plaisir de jouer. Transposé au monde du web, le gameplay d’un site web ou d’une application en ligne serait donc maximisé par l’utilisabilité de l’interface (un pré-requis) mais également par le plaisir d’usage, lui-même conditionné par le modèle d’interaction de vos interfaces. En d’autres termes : Transformer des actions rébarbatives en mini-jeux pour augmenter le plaisir d’usage et la satisfaction.

Illustration de cette théorie avec ces deux applications iPhone qui mélange jeux vidéo et application professionnelle. Tout d’abord Epic Win, un gestionnaire de tâche façon jeux de rôles :

Gestion ludique des tâches avec Epic Win

L’idée derrière cette application est de mettre en scène les listes de tâches avec des points d’expérience, des récompenses, des classes de personnages… Plus d’infos ici : iPhone app turns your to-do list into a game.

Deuxième exemple avec Super Twario, un client Twitter (également pour iPhone) qui reprend le gameplay da Mario :

Lisez vos tweets en vous amusant avec Super Twario

Cette application est parfaitement fonctionnelle et permet de parcourir les flux, de publier et répondre à des tweets… Plus d’infos ici : The $2 iPhone App That Lets You Read Twitter Like You’re Playing a Mario Game.

Dans ces deux exemples, la référence au monde du jeu vidéo est explicite, mais on retrouve un procédé similaire sur des sites web qui introduisent du gameplay dans leur modèle d’interaction de façon beaucoup plus subtile comme The Sixty One. Ce site d’écoute musicale en ligne propose une expérience radicalement différente des autres services d’écoute dans la mesure où l’utilisateur ne consomme pas de la musique à la demande, mais poursuit plutôt différentes quêtes musicales qui lui permettent de gagner des points d’expérience (qu’il peut utiliser pour promouvoir des chansons / artistes) et progresser dans les niveaux (qui permettent de débloquer plus de fonctionnalités).

Les quêtes musicales de The Sixty One

Oui, c’est un choix radical, mais cette approche permet à ce site de se démarquer de la concurrence avec une expérience unique où l’utilisateur n’est jamais livré à lui-même face à une interface qui ne l’inspire pas. Je vous invite vivement à vous inscrire et à tester ce service pour comprendre la puissance du dispositif et surtout le potentiel que cela représente en matière de rétention.

Le mot de la fin : Partant du principe que l’industrie du jeu vidéo est deux fois plus vieille et mature que celle du web, nous (les concepteurs de sites et services en ligne) avons tout à apprendre des pratiques de gameplay de cette industrie là.

Vive les sites web à page unique !

Si je m’en tiens à la définition de Wikipedia : “Un site Web est un ensemble de pages Web hyperliées entre elles“. OK, mais qui a dit qu’un site web devait nécessairement être composé de plusieurs pages ? C’est sur cette réflexion que le blog Six Revision nous propose un article très intéressant : The Science Behind a Single Page Website.

Les arguments en faveur d’un site web à page unique sont les suivants :

  • Tout le contenu est chargé en une seule fois ;
  • Scroller est moins compliqué et risqué que de cliquer ;
  • La maintenance est plus simple ;
  • La densité d’information favorise un meilleur référencement.

Les arguments en défaveur des sites web à page unique sont les suivants :

  • Le site est plus long à charger ;
  • Le site est généralement truffé de javascript pour proposer une navigation locale (au sein de la page) ;
  • Les utilisateurs peuvent être désorientés.

Une fois ces arguments énoncés, la visite d’un certain nombre de sites à page unique a finalement réussi à me convaincre de l’efficacité de cette technique : 30 Outstanding Single Page Website Designs, 88 Single Page Website Designs For Design Inspiration, 50 Examples of Modern Single Page Website Designs et aussi One Page Love.

Au final, si vous n’avez pas grand chose à raconter ou si vous savez limiter le contenu au strict minimum, cette solution s’avère particulièrement efficace. Prenons par exemple les sites dédiés à des applications mobiles qui peuvent se contenter d’une description, de quelques captures d’écran et d’un détail des fonctionnalités en bas de page comme Camera+ ou Goin’ Nutty :

Une seule page suffit pour vendre une application mobile

De même, il existe un certain nombre d’applications en ligne à périmètre restreint qui ne nécessitent pas un site à plusieurs pages comme Silverback (ou dans une certaine mesure Basecamp), le contenu est réduit au strict minimum et est déroulé sur la hauteur de page :

Une seule page suffit pour vendre une application en ligne

Même chose pour Coda qui propose par contre un système d’onglets intérieurs pour réduire la hauteur de la page :

Une page peut en cacher d'autres

Beaucoup plus intéressant, certains sites marchands se content également d’une seule page comme ici pour ce modèle unique de noeud papillon chez Blixt & Dunder :

Une seule page suffit pour vendre un noeud papillon

Cet exemple n’est pas le seul, car il est également possible d’en faire de même pour des produits dématérialisés comme chez Red+White.

Dernier exemple avec Grooveshark, un service d’écoute de musique en ligne :

Une seule page suffit pour écouter de la musique en ligne

Au final en cherchant un peu, vous pouvez vous rendre compte qu’un site avec une page unique bien conçue peut faire beaucoup mieux qu’un site avec plusieurs pages et du contenu éparpillé. Bien évidemment ceci ne concerne qu’une minorité de sites, mais cette solution me semble tout à fait viable à partir du moment où l’information apportée est pertinente et que les fondamentaux ergonomiques sont respectés (lisibilité, hiérarchisation de l’information…).

Je suis fan, pas vous ?

Une nouvelle expérience de consommation des médias avec les webdocumentaires

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des webdocumentaires, un format à mi-chemin entre site web et DVD-Rom : France5 et CuriosphereTV expérimentent les web-documentaires. Je souhaiterais aujourd’hui rattraper une grande injustice et vous faire l’apologie de Prison Valley, un superbe web documentaire sorti il y a quelques mois et coproduit par Arte, Upian et le CNC qui vous plonge dans l’univers incroyable d’une ville-prison du fin fond de l’Amérique.

La page d'accueil de Prison Valley

Ce n’est pas le premier webdocumentaire réalisé (il me semble que le premier date de 2007 : Thanatorama) mais c’est à ce jour le plus abouti avec près de 250 K€ de budget et un certain nombre de récompenses (cf. Les webdocumentaires d’Upian). Ce qu’il y a de particulièrement intéressant avec ce “site” c’est qu’il intègre de façon parfaitement harmonieuse la narration vidéo interactive et la dimension sociale. Pour accéder au documentaire, il faut ainsi se créer un compte ou se connecter avec un profil Facebook ou Twitter. Pourquoi ? Tout simplement pour faire vivre le site de nombreux mois après sa publication, ou plus précisément pour faire vivre les discussions en rapport avec le sujet traité.

Le site est ainsi étendu sur différents médias sociaux avec un blog, un forum, une page Facebook et un compte Twitter. Le “produit” est également disponible en VOD, en application iPhone et en livre.

Mais ce qui nous intéresse particulièrement c’est le site web et son incroyable modèle d’interaction où la trame narrative est enrichie par de nombreux d’éléments interactifs. Le fil rouge est bien entendu le documentaire en lui-même qui est découpé en plusieurs chapitres :

Le lecteur vidéo de PRison Valley

L’interface est très épurée avec une timeline et un bouton unique qui permet de rentrer au motel où séjournaient les journalistes. La chambre du motel sert ainsi d’écran d’orientation entre les différents chapitres de la vidéo et les contenus additionnels :

La chambre du motel qui sert d'écran d'orientation

Au fur et à mesure du visionnage des séquences vidéo, vous amassez des indices qui vous apportent un complément d’information sur l’enquête en cours. La référence au monde des jeux vidéo est ici évidente, mais elle fonctionne particulièrement bien dans ce contexte :

Les compléments d'information sous forme d'indices

Les différents personnages qui sont mentionnés dans le reportage viennent compléter une galerie à laquelle il est possible d’accéder, toujours pour avoir des compléments d’infos :

Les fiches détaillées des personnages

L’expérience d’utilisation de ce site est réellement unique : l’immersion est totale et le documentaire est ponctué de nombreux embranchements pour maintenir l’attention de l’internaute et lui donner envie de consulter les bonus. Le basculement d’un écran à un autre est parfaitement intuitif et les boutons sont suffisamment larges pour pouvoir manipuler cette interface à l’aide d’un touchbook.

Un touchbook comme l’iPad ? Non car l’iPad souffre de limitations qui ne permettent pas de consulter ce site (en Flash), mais de nombreux modèles concurrents vont voir le jour d’ici la fin de l’année et permettront de pleinement profiter de ce format. Pleinement ? Oui car c’est en position de repos (assis ou allongé) que ce documentaire se consomme, les manipulations étant réduites au strict minimum.

Là où je suis particulièrement conquis par ce format c’est qu’il fonctionne à la fois sur les touchbooks (pour un premier visionnage) mais également sur un ordinateur (pour l’accès au bonus et la participation aux discussions). La formule magique semble donc avoir été trouvée : un document vidéo chapitré + des contenus additionnels + une interface minimaliste + des espaces d’interactions sociales.

Ce documentaire préfigure-t-il l’avenir du web ? Non car les sites traditionnels continueront de dominer le web pour de nombreuses années. Par contre, attendez-vous à voir fleurir de nombreux autres formats novateurs de ce type qui parviennent à repousser les limites du web.