10 comportements-types à surveiller

Le site Webcredible nous propose ce mois-ci un très bon article résumant 10 comportements-types constatés lors de sessions de test : 10 unexpected online user behaviours to look out for. Ces comportements sont bien connus mais c’est toujours une bonne chose de les résumer pour ne pas les oublier dans vos travaux quotidiens de conception :

  • Aveuglement dû aux bannières. Depuis plus de 10 ans que le web existe et que les utilisateurs se font matraquer les yeux de bannières qui bougent et qui flashent, ces derniers ont développés un mécanisme inconscient de protection contre ces agressions visuelles. Surnommé ”banner blindness“, ce phénomène se traduit ainsi : La partie inconsciente du cerveau des utilisateurs leur masque les éléments assimilés à de la pollution visuelle (tout ce qui bouge en haut de page) pour diminuer la charge cognitive. Conséquence : Les éléments de la page avec un traitement graphique trop lourd (animation, beaucoup de couleur dans un petit espace…) sont tout simplement ignorés, et les utilisateurs n’en ont pas forcément conscience.
  • Vision tunnel.  Plus vous demandez à un utilisateur d’effectuer une tâche complexe et plus il va concentrer son attention et réduire son champ de vision. Conséquence : Les éléments en périphérie de page ne sont pas vus.
  • Esquive de la page d’accueil. Après quelques années de pratique, les utilisateurs savent qu’ils ne trouveront pas ce qu’ils cherchent sur la page d’accueil car le contenu utile ou les fonctionnalités sont dans les pages intérieures. Conséquence : Ils cherchent à quitter au plus vite cette page d’accueil pour explorer les pages intérieures.
  • Manque de patiente. Personne n’aime être assis devant un écran et être dans une situation d’échec. Conséquence : Si les utilisateurs de votre site ne trouvent pas rapidement ce qu’ils cherchent, ils vont avoir tendance à le chercher ailleurs sans persévérer.
  • Recours excessif au défilement (ou au clic). Contrairement à ce que vous pouvez penser, cliquer ou scroller n’est pas un problème pour els utilisateurs, pire : Ils en abusent. J’ai déjà à de nombreuses reprises pu observer des utilisateurs en panique qui se mettent à faire défiler la page dans tous les sens ou à cliquer n’importe où dans l’espoir de se sortir d’une situation de détresse. Conséquence : S’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, les utilisateurs s’énervent et passent en mode “panique”.
  • Survol des contenus avec déficit d’attention. En arrivant sur une page qu’ils ne connaissent pas, les utilisateurs commencent par la parcourir de façon chaotique sans réellement s’attarder sur un élément précis. Conséquence : Ils survolent la page et interprètent les bribes d’informations que leurs yeux ont réussis à accrocher.
  • La force de l’habitude. Internet est encore un média jeune et intimidant pour bon nombre d’utilisateurs qui progressent à tâtons. Une fois qu’ils se sentent à l’aise dans une tâche (consulter son compte en banque, publier des photos…) ils n’apprécient pas du tout devoir recommencer. Conséquence : Les changements trop importants sur un site peuvent générer beaucoup de frustrations.

Voilà l’essentiel des comportements-types que l’on peut retrouver sur la majorité des internautes. Une fois que vous les avez en tête, il suffit de les intégrer comme des contraintes dans vos travaux de conception :

  • Pas trop de trucs qui bougent à l’écran (vous ne pouvez attirer l’attention qu’une seule fois) ;
  • Rapprocher visuellement ou géographiquement les éléments qui ont un rapport entre eux ;
  • Evitez une trop forte densité de l’information en injectant du blanc et des zones de respiration (quitte à allonger vos pages en hauteur) ;
  • Optimiser votre système de navigation (en testant différents cas d’usage de flux de navigation) ;
  • Procéder petites évolutions régulières plutôt que par versions majeures (un site web n’est pas une application informatique).

Si vous avez relevé d’autres comportements-types ou avez d’autres conseils génériques, n’hésitez pas à les déposer en commentaire.

Comment bien formater un lien vers un fichier PDF ?

Saviez-vous que le format PDF a été créé en 1993 par Adobe ? Autant dire que ce format de fichiers est aussi vieux que le web (presque). Toujours est-il que les fichiers PDF font partie du quotidien des internautes mais qu’ils ne sont pas sans poser de problèmes. Le principal étant de provoquer l’ouverture d’une nouvelle fenêtre ou de lancer le téléchargement du fichier alors que l’utilisateur croit avoir cliqué sur un “simple” lien.

Idéalement il faudrait que chacun des liens pointant vers un fichier PDF soit clairement identifiable et précise le poids du fichier. C’est ce que je m’efforce généralement de faire en le précisant dans le lien mais il y a différentes possibilités :

C’est en tombant sur un article récemment publié (How should you display links to PDF files?) que j’ai eu envie de relancer ce vieux débat. Un débat ? Oui tout à fait, celui qui concerne les système de formatage automatique des liens en fonction du format des fichiers. Car le problème est que vous ne pouvez pas vous reposer sur la bonne volonté des rédacteurs qui n’auront pas toujours la conscience de préciser le format ainsi que le poids.

Il y a bien les recommandations d’Adobe en la matière (Use of Adobe icons and web logos) mais elles ne disent pas comment mettre ça en oeuvre de façon automatisée sur un existant avec une multitude liens dans une multitude de pages :

Adobe_PDF

Il existe des solutions pour faire cela avec les feuilles de style (Showing Hyperlink Cues with CSS) mais cela ne règle pas le problème de l’affichage du poids du fichier et vous pousse à reformater l’ensemble des liens (créant ainsi de la pollution visuelle) :

Hyperlink-Cues-CSS

Idéalement il faudrait limiter ce formatage supplémentaire (ajout d’un picto et du poids) aux liens pointant vers des fichiers et l’intégrer directement à l’outil de gestion de contenu qui se chargerait de rajouter un picto ainsi que de calculer et afficher le poids du document. Savez-vous si ce type de solution existe ?

Sinon il ne vous reste plus qu’à le faire à la main…