Il existe deux types d’interfaces : les interfaces physiques avec des boutons (intuitifs mais compliquées à mettre en oeuvre, exemple : une table de mixage) et les interfaces virtuelles sur des surfaces tactiles (simples à mettre ne oeuvre mais pas toujours intuitive, exemple : application iPhone).Il n’y a pas réellement de rivalité, mais ces deux types possèdent chacun des avantages et inconvénients qu’il faut bien mesurer avant de se lancer.
Une équipe de l’université de Carnegie Mellon propose cependant un compromis tout à fait intéressant avec une interface tactile gonflable qui reproduit le relief des boutons : Next For Touchscreens: Temporary Pop-Up Buttons?.
Illustration d'interface gonflable
Le principe est simple : une couche souple avec des zones en creux ou reliefs par succion ou aspiration de l’air dans certaines zones. Le résultat est tout à fait surprenant car il donne du relief aux interfaces tactiles :
Un principe très intéressant car il cela permet de mieux restituer l’état d’un bouton (enfoncé ou pas) mais nécessite tout de même un peu de travail. Le résultat est tout de même très encourageant et il existe ainsi de nombreuses combinaisons :
Les différentes combinaisons possibles d'interfaces gonflables
À quand une utilisation dans les bornes de gare ou les distributeurs de billets ?
Et puisque l’on est dans les interfaces innovantes, je vous propose également de découvrir cet étonnant logiciel de crayonnage 3D : Rhonda.
Le crayonnage en 3D avec Rhonda
Le principe est de combiner une palette graphique avec une souris 3D. Rien de très spectaculaire, mais ce dispositif semble fonctionner rudement bien dans la vidéo suivante :
J’imagine tout à fait l’intérêt que peut représenter cette application pour le développement d’objets 3D dans des univers virtuels “ouverts” comme Second Life / Opensim ou dans des plateformes de User Generated Games.
Aviez-vous remarqué ces dernières années la tendance des navigateurs à épurer de plus en plus leur interface ? Tout à commencer en octobre 2007 avec le lancement d’Internet Explorer 7 qui le premier a eu l’idée de ne pas afficher la barre de menu et concentrer ainsi les fonctions essentielles dans des menus déroulants de la barre d’onglets :
Une astuces très appréciable pour gagner une ligne et donc afficher 20 à 25 pixels en plus. Le menu était toujours accessible en pressant une touche de fonction.
Puis il y a eu Google Chrome qui a poussé encore plus loin en supprimant complètement la barre de menu, remplacée par deux menus déroulants positionnés dans la barre d’adresse :
Ils ont également généralisé la page de démarrage avec les vignettes des derniers sites visités (il me semble que Opera est à l’origine de cette idée). La dernière version Mac de Chrome permet de modifier l’affichage de cette page :
La logique de ces travaux est simple : avec l’évolution du parc informatique, il y a maintenant plus de place en largeur qu’en hauteur (écrans au format 16/10). Vous noterez au passage les différentes possibilités de mise en page de cette mosaïque avec les boutons sur la partie supérieure droite de l’écran ainsi que les filtres de couleur.
Et puisque l’on parle de Firefox, la future version 3.7 pousse encore plus loin la logique d’épuration avec une interface proche de celle de Chrome et de son menu “Tools” dans la barre d’adresse : First Look: Firefox 3.7’s New Design.
Vous apprécierez au passage l’effet de relief des boutons ainsi que la relocalisation du menu “Pages“.
Autre expérimentation avec Opera 10 qui propose une barre d’onglets extensible permettant d’avoir des vignettes des pages :
Mais ce qui me semble le plus intéressant dans cette évolution c’est l’utilisation de principes d’interface floue pour présenter des fonctionnalités en contexte. Ce principe est ainsi utilisé sur IE 8 avec les Accelerators :
On le retrouve également dans le très ambitieux Ubiquity de Mozilla Labs qui permet de saisir des commandes complexes comme par exemple “Email this to [Fred]” ou “twit [message] to [Fred] and [Chris]” (15 Ubiquity Commands to Enhance Your Web Experience) :
Et pour finir signalons les commandes par mouvements de la souris (Mouse Gestures) disponibles sur Opera :
Où tout ceci nous mène-t-il ? Vers des navigateurs plus puissant mais à l’apparence plus simple. C’est donc le principe de la simplexité qui est ici mis en oeuvre (simplicité apparente de l’interface pour une complexité induite). L’objectif étant de proposer des interfaces à “géométrie variable” : très simples d’usage pour un débutant mais également très puissantes pour les utilisateurs avancés.
Il y a également une autre raison pour cette course à l’épuration des interfaces : moins de place occupée par les boutons et menus = plus de place pour les bannières. Oui je sais, c’est très certainement mon côté paranoïaque qui s’exprime ici mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un truc louche là-dessus, non ?
Avec la sortie prochaine de Chrome OS (le futur système d’exploitation de Google pour les netbooks) le débat est relancé sur l’évolution des interfaces des systèmes d’exploitation. Ou plutôt devrais-je dire sur la non-évolution des interface. Et oui, car force est de constater qu’en plus de 25 ans la logique des interfaces de nos systèmes d’exploitation n’a pas beaucoup évoluée : la résolution et le nombre de couleurs ont été améliorés, de même que les traitements graphiques (ombrages, reflêts, transparence…), mais tout repose sur le même triptyque : menus, icônes et fenêtres.
Cette interface a par la suite été récupérée et adaptée par Microsoft avec Windows dont le règne a commencé avec Windows 3 :
L'interface de Windows 3
Ici l’interface du futur Windows 7 qui n’apporte pas grand chose de neuf depuis l’apparition du bouton “Start” à partir de la version 95 :
L'interface de Windows 7
Chez Apple c’est la même chose, lorsque l’on y regarde de plus près, tout était déjà en place à partir de 1984 avec le Mac OS 1 :
L'interface de Mac OS 1
Nous sommes maintenant à la version 10.6 mais les fondamentaux sont toujours les mêmes (menu en haut, fenêtres avec les boutons dans le coin supérieur gauche, corbeille…) :
La dernière version de l'interface de Mac OS X
Bon OK, il y a bien le Dock qui a fait son apparition, mais c’est tout.
La 3D est-elle une solution ?
Depuis quelque temps nous commençons à voir arriver la 3D pour faire rentrer toujours plus de bordel fenêtres sur un seul écran avec notamment le très impressionnant KDE 4.2 reposant sur un noyau Linux :
Même si la 3D apporte du sensationnel à l’interface, je doute qu’elle révolutionne le genre.
Nouveaux usages = nouvelles interfaces
En fait si les interfaces de nos systèmes d’exploitation n’ont pas beaucoup changées, c’est parce que les ordinateurs et les usages qui vont avec n’ont pas beaucoup changés : un écran, un clavier, une souris et des applications. Oui mais voilà, avec l’apparition des netbooks, les usages sont progressivement en train de changer. Et pour accompagner ces changement, les interfaces doivent s’adapter et prendre en compte le contexte et les habitudes de consommation des utilisateurs : mobilité, plateformes sociales…
Jusqu’à présent les quelques tentatives d’adaptation de systèmes d’exploitation n’étaient pas réellement convaincantes (du très rébarbatif Windows XP au simplissime Xandros), veines tentatives pour faire rentrer au chausse-pied des interfaces XL dans des machines XS. Heureusement qu’Intel a décidé d’investir pour développer Moblin, une interface novatrice qui colle beaucoup mieux aux coques des netbooks (cf. Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks).
Plusieurs innovations sont tout à fait remarquables dans cette interface next-gen, tout d’abord le tableau de bord (baptisé MyZone) qui présente un condensé d’informations et un accès simplifié aux principales fonctions :
La page de démarrage de Moblin
Cette page de démarrage est divisée en quatre espaces :
En haut la toolbar à mi-chemin entre un site web (pour les onglets) et un téléphone portable (pour l’heure et les icônes en haut à droite) ;
Sur la colonne de gauche, les activités récentes (RDV et applications récentes) ;
Sur la colonne centrale, les derniers sites web visités et fichiers ouverts ;
Sur la colonne de droite, les dernières infos en provenance de votre social graph.
Deux caractéristiques sont à retenir de cette interface : un fort contraste (pour ceux qui utilisent leur machine en extérieur) et des zones d’interaction bien larges (pour faciliter l’usage du pavé tactile). Vous noterez que cette interface tranche avec les autres interfaces de systèmes d’exploitation (Windows, Mac OS, Ubuntu…) dans la mesure où elle abandonne le principe d’icônes sur le bureau, de menu “Start” et autres side bar. C’est un changement majeur et l’inspiration semble plus venir du monde des mobiles que du monde des ordinateurs.
Dans les autres améliorations notables je citerais également l’onglet Network Connection qui est un modèle d’intuitivité et d’efficacité :
L'interface de connexions réseaux de Moblin
Les plus observateur reconnaitront dans cet écran l’héritage de l’iPhone mais force est de constater que les équipes de Intel ont fait un travail remarquable pour intégrer dans cette interface les usages courant des utilisateurs (status update, friends list, media gallery…).
Il ne manque plus à ce Moblin que la prise en compte d’un écran tactile pour réussir le tour de force d’aligner l’interface d’un système d’exploitation avec les usages des utilisateurs. Je dois bien avouer être plus qu’enthousiasme face à ce Moblin qui préfigure un réel renouveau du genre. Attendons de voir ce qu’Apple va faire avec son futur netbook / tablet prévu pour octobre…